Tenrikyo Europe Centre

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Discours du Grand Service d'octobre '07

Noriaki NAGAO (Chef de TEC)

Généralement, n'importe quelle personne de plus de dix-sept ans, peut assister à la lecture du Besseki au Jiba. Cette lecture dure environ une heure et demie. Son contenu représente l'enseignement fondamental de Tenrikyô, c'est à dire la Vérité sur la Création, la signification du Service, le Modèle d'Oyasama, la signification du Jiba, les dix fonctions protectrices d'Oyagami et les huits poussières mentales. Ces differents points sont indispensables pour la foi de Tenrikyô. Après avoir assisté neuf fois au Besseki, s'il le désire, il aura la gloire de devenir yoboku en recevant le principe du Sazuke part le Shimbashira, substitut d'Oyasama, dans son sanctuaire. Le yoboku n'est plus un simple fidèle. Devenir yoboku signifie se trouver à un degré plus élevé qu'un simple fidèle et que l'on peut servir Oyasama en travaillant au Salut de l'humanité en transmettant le Sazuke.

De nos jours, les fidèles des pays étrangers qui rentrent au Jiba, peuvent y assister neuf fois au cours d'un seul voyage. (Mais ces neuf fois ne sont pas consécutives. Il doit avoir un jour de repos.) C'est un règlement établi spécialement pour ceux qui ne peuvent y retourner facilement car ils demeurent trop loin. Normalement nous ne pouvons l'écouter qu'une seule fois par mois. Par conséquent il faut neuf mois pour que nous puissions recevoir le principe du Sazuke. Il est enseigné qu'une durée équivalente à celle de la croissance d'un embryon dans la matrice est nécessaire, pour qu'il nous soit accordé. Après quoi nous sera accordé le principe du Sazuke, autrement dit nous nous régénérons. Devenir yoboku, c'est se régénérer dans la vie présente. C'est un événement précieux.

Il y a cinq ans, j'ai été nommé conférencier du Besseki. Cela veut dire en faire sa lecteur. J'ai dû passer un examen pour pouvoir être nommé. L'examen consiste à réciter impéccablement la lecture du Besseki, ce qui dure une heure et demie et cela devant un jury. Je me souviens très clairement des circonstances.

Il a été très difficile pour moi de réciter devant les membres du jury la lecture du Besseki sans faire de faute, du début à la fin.

De toute mon expérience, je n'ai jamais connu de tension plus forte que celle ressentie lors de cet examen. Ma bouche était très séche et j'avais l'impression de pouvoir écouter les battements de mon cœur. Bien que j'aie été agenouillé pendant une heure et demie, la tension m'a fait oublier la douleur de mes jambes.

Quand j'ai été en possession du texte du Besseki pour commencer à préparer l'examen, vu les cent vingt pages environs du texte, je me suis demandé si je pouvais, en réalité, le mémoriser. Pendant la période où je m'efforcais à l'apprendre par cœur, j'ai parfois eu envie d'abandonner. J'y suis pourtant parvenu, avec peine au bout d'un an et demie. J'ai entendu dire que quelques uns ont échoué à l'examen ou ont abandonné.

Pourquoi doit-on franchir un tel obstacle pour devenir conférencier du Besseki? Personellement je comprends que la lecture du Besseki est l'enseignement fondamental de Tenrikyô, si bien qu'à cette occasion, le lecteur prend le rôle d'Oyasama. Il ne doit donc pas se tromper d'un seul mot. S'il commet une erreur, l'enseignement transmis sera erroné.

La lecture du Besseki est tellement importante que nous ne pouvons la faire qu'après avoir passer un examen très difficile. En outre, cette expérience amère permet à un intermédiaire, substitut d'Oyasama, de renforcer son état mental. Je crois que celui qui transmet le discours divin prend une fonction très estimable.

Après que nous ayons assisté neuf fois à la lecture si importante du Besseki, nous pouvons enfin recevoir le principe du Sazuke. A bien y réfléchir, nous pouvons comprendre que le Sazuke est aussi quelque chose de très précieux.

Il est dit dans la Doctrine de Tenrikyô, «ainsi attirés rentrons-nous à l'Oyasato pour y accomplir le cycle du Besseki. Au fur et à mesure de notre travail de correction à chaque nouvelle écoute qui, grâce à la vérité émanant du discours, nous permet de balayer davantage la poussière, notre cœur se purifie et notre souhait d'être sauvé se transforme en désir de sauver autrui». Pendant que nous écoutons le discours du Besseki à plusieurs reprises, notre souhait d'être sauvé doit évoluer et se changer en désir de sauver autrui, autrement dit, nous devons dévellopper notre maturité spirituelle. Durant l'enfance, n'importe qui se réjouit de recevoir quelque chose. En vieillissant, on peut se réjouir de donner quelque chose à autrui. Il en va de même pour la maturité spirituelle. Cela signifie que nous parvenons à avoir le désir de sauver autrui même si nous souffrons de maladie et de calamité. Quand nous atteindrons cet état de cœur, le principe du Sazuke nous sera accordé.

Il y a un geste qui ressemble au Sazuke dans d'autres religions. Par exemple, on met les mains au-dessus d'un malade. Mais j'ai entendu que cela pouvait être également effectué pour purifier des legumes abimés, pour guerrir un animal malade et pour réparer une machine en panne. Mais le Sazuke de Tenrikyô ne peut être pratiqué que sur les êtres humains. Quelle est la différence?

Dans ces religions, ils se rendent compte que des épreuves sont provoqués par des élements extérieurs, génies malfaisants et démons. Le geste que je viens de présenter, est donc appliqué afin de les chasser, c'est-à-dire un genre d'exorcisme.

D'autre part, dans Tenrikyô, Oyasama écrit dans l'Ofudesaki,

Gardez-vous surtout de croire qu'en ce monde
existent des esprits maléfiques, fantômes ou démons! (XIV 16)

Ainsi elle réfute leur existence. «Gardez-vous surtout de croire», c'est une expression très forte. Elle voulait dire qu'ils n'existent absolument pas. Elle nous enseigne que la cause des souffrances se trouve en nous, autrement dit c'est la poussière accumulée dans notre cœur. Voilà pourquoi le Sazuke ne peut pas être administré à des légumes et à des animaux. Parce qu'il n'est pas possible qu'ils amoncèlent des poussières mentales. D'ailleurs, au moment de l'administration du Sazuke, il est essentiel de transmettre un peu de l'enseignement.

Bien sûr, l'existence d'esprits maléfiques est niée, de sorte qu'il n'existe pas non plus dans Tenrikyô de cérémonie tel que l'exorcisme. Il ne faut pas faire d'amalgame entre le Sazuke et l'exorcisme. Il est expliqué dans l'Ofudesaki ce qui suit;

Je parle bien du Salut mais cela ne passera
ni par des rites de prières ou d'exorcisme ni par la divination (III 45)

Nous avons ainsi pû recevoir le Sazuke. Cependant, dans les faits, il y a ceux qui ne le transmettent pas. C'est vraiment dommage! Pourquoi ils ne le font pas? Dans la société actuelle, la science se dévelloppe tellement vite que les choses inconnues vont être scientifiquement éclaircies. Au fur et à mesure que les détails du corps humain et des maladies que nous ne connaissions pas jusqu'à aujourd'hui, peuvent être analysés et dévoilés, sont inventés de nouvelles techniques médicales et de nouveaux médicaments. Et l'on peut, petit à petit, guérir les maladies graves. C'est extraordinaire! Dans ces circonstances, nous, les fidèles, sommes également enclin à nous appuyer sur la médecine et les remèdes. Ceci ne constitut pas une erreur. Mais, en même temps, il ne nous faut pas oublier de recevoir l'administration du Sazuke. Parmi ceux qui sont affectés de la même maladie et qui ont pris le même médicament, certains peuvent bénéficier de son efficacité et d'autres non. C'est grâce à la protection divine qu'un médicament fonctionne bien et que nous pouvons connaitre de bons médecins et de bons hopitaux.

Il y a également ceux qui n'administre pas le Sazuke en disant «aussi souvent que je puisse administrer le Sazuke, la protection merveilleuse ne se manifeste pas.» Je crois qu'ils ont tort.

Il est dit dans l'Ofudesaki,

Degré par degré dans tous les bois d'œuvre,
je pénétrerai, moi, Parent, créateur de ce monde.

Si je les pénètre, moi, Parent, créateur de ce monde
vous ne pouvez imaginer tout ce que je vais faire (XV 60, 61)

Comme Dieu pénètre dans le yoboku, bois d'œuvre, la conséquence du Sazuke, autrement dit que ce malade soit sauvé ou non, fait partie du domaine de Dieu. La seule chose que nous puissions faire c'est d'administrer le Sazuke. Ou bien même si un malade est sauvé, la protection divine ne se manifeste pas toujours immédiatement. Parmi les hommes qui ont été sauvés par Oyasama, il y a certainement eu un aveugle qui a pu ouvrir immédiatement les yeux. Mais la plupart était sauvés étape par étape sur une longue période. Il est important que celui qui administre le Sazuke ainsi que celui qui le reçoit, continuent avec patience

Pendant que nous poursuivons l'administration du Sazuke à un malade, nous voyons parfois son cœur sauver, bien qu'en apparance, rien ne soit pas modifié. Il est enseigné dans la Doctrine de Tenrikyô,

«Transmettre le Sazuke à ceux qui souffrent physiquement et mentalement, transmettre la vérité de l'enseignement à ceux qui souffrent dans l'impasse de leur vie, tel est le chemin que suit le yoboku. Il ne s'agit pas seulement de supprimer leur douleur ou leur chagrin, mais bien plutôt de sauver à fond leur cœur mis à l'épreuve par cette souffrance.»

Voici justement le point le plus important dans la foi de Tenrikyô. L'objectif de la vocation de yoboku est de sauver le cœur de celui qui souffre. La guérison d'une maladie est un processus ou une manière grace auquel nous pouvons atteindre ce but. Même si l'état de la maladie ne change en rien, il y a certaines personnes qui arrivent à vivre dans la joie grâce à la vocation du yoboku. D'un autre coté l'on trouve ceux qui passent une vie sombre et sans joie, bien qu'il ait pû recevoir la protection merveilleuse que tous le monde admirait. Lesquelles sont les plus heureuses? Cela semble évident.

Je vous présente le cas d'un de mes connaissances. Sa femme avait un canser et son état était des plus mauvais. Malgré tout, elle a été sauvé par le Sazuke. C'était vraiment un miracle et son médecin n'en revenait pas. Mais d'autres problèmes l'ont séparé de sa famille. Maintenant sa vie n'est jamais heureuse.

Depuis peu, ma femme ressent un engourdissement à la main. Je lui transmet le Sazuke tous les soirs. Chaque mois, nous pratiquons le Sazuke après l'exécution du Service. Bien sûr, aujourd'hui aussi, nous le ferons tout à l'heure. Si un yoboku trouve un malade, il est souhaitable qu'il transmette le Sazuke sans aucune hésitation. En revanche, si un yoboku tombe malade, je veux qu'il demande à un autre yoboku de lui transmettre sans tergiverser.

J'entends de temps en temps un yoboku dire «si je ne progrèsse pas en maturité spirituelle, et que je transmet le Sazuke, Oyagami ne prodigue pas ses bienfaits. Donc je ne le fais pas.» Je pense que c'est une erreur.

Imaginez les feux d'une bicyclette. Si l'on pédale, ils s'allument. Au fur et à mesure que l'on pédale, ils brillent plus fort et grâce à eux le chemin s'illumine et nous pouvons rapidement rouler en bicyclette. Si l'on dit «lorsque le feu s'allume, je monte sur le vélo», il ne pourra jamais y monter.

Il en va de même au niveau du lien entre la maturité spirituelle et la transmission du Sazuke. Si on dit «quand j'atteindrai la maturité spirituelle, je le transmettrai», je suis convaincu qu'il ne peut jamais l'effectuer. De toute façon, aucune personne ne peut dire que «j'ai atteind la maturité spirituelle.» C'est une contradiction. Car s'il le dit, il accumule à ce moment même une poussière «orgueil», par laquelle il ne gagne pas en maturité spirituelle.

Bien sûr, ce n'est pas négligeable de travailler l'enseignement et de corriger son caractère pour atteindre la maturité sprituelle. Mais, il n'est pas correct de dire «après avoir gagné en maturité, j'administre le Sazuke.» L'administration du Sazuke nous permet plutôt de faire progresser notre cœur vers la maturité, et alors nous pourrons transmettre plus spontanément le Sazuke qu'auparavant. C'est justement le même lien qu'entre les feux et la bicyclette. Par conséquent, le Sazuke n'est pas pour unique but de secourir un malade mais aussi de sauver celui qui l'administre.

Voilà pourquoi, il est dit dans l'Ofudesaki,

celui qui sauve autrui est sauvé lui-même. (III 47)

Au Japon, il y a plus de vingt ans, un jeune homme est tombé jusqu'en bas de la fenêtre du premier étage. J'ai entendu son père dire qu'il s'était fracturé le crâne. Quand il a été transporté à l'hôpital, il était dans le coma. Le medecin disait que dans le meilleur des cas il pourrait préserver sa vie, mais qu'il ne reprendrait jamais connaissance. Juste après son hospitalisation, le chef de son église s'est mis à lui rendre visite tous les jours pour lui transmettre le Sazuke. Il ne reprennait toujours pas connaissance et l'encéphalogramme était tout à fait plat. Quelle merveille! Quand le chef lui administrait le Sazuke, l'aiguille de l'encéphalogramme bougait légérement et dessinait une petite montagne sur le papier. A mesure que le temps passait, cette montagne est devennue grande. Quelques jours après, il a repris connaissance et a retrouvé la parole. Enfin son corps fonctionnait normalement. A présent il travaille comme succésseur de son église. De tels exemples arrivent parfois.

Beaucoup de personnes souffrent de maladies graves dans le monde. Devant eux, nous pensons souvant que nous ne pouvons rien faire pour eux parce que nous ne sommes ni médecin ni infirmier. Il est, pourtant, possible de transmettre le Sazuke. En tant que fidèles de Tenrikyô, nous n'avons pas besoin de force physique. Ce n'est pas notre manière de convaincre autrui par les paroles cruelles. Nous possédons une façon admirable et incomparable d'en sauver. C'est le Sazuke. Même si nos paroles ne sont pas très habiles, la transmission du Sazuke nous permet de propager la foi de Tenrikyô. Comme Oyasama nous a donné un trésor irremplaçable, veuillons l'utiliser suffisament pour étendre cette foi.