Tenrikyo Europe Centre

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Discours du Service mensuel de novembre '06

Toyoko IWAKIRI

Nous venons de célébrer ensemble et joyeusement le service mensuel du mois de novembre, et je vous en remercie. Aujourd'hui, j'ai été sollicitée pour prononcer un bref discours après le service. Je vous remercie par avance de votre attention.

Il y a 23 ans, je suis arrivée en France avec mon mari et mes deux enfants. Mon mari a occupé le poste de chef de l'Association Culturelle Franco-japonaise de Tenri pendant 23 ans. Cette année au mois de mai, il a terminé son mandat et il est retourné à Tenri, pour travailler au sein de la Direction des Missions Etrangères de Tenrikyo. Je pense qu'il aurait été tout aussi naturel que je rentre au Japon avec mon mari, mais étrangement, j'habite toujours en France.

Pourquoi vous ai-je dis «étrangement» ? C'est parce que, il y a 23 ans, lorsque mon mari m'a annoncé qu'il l'allait être muté en France, j'ai eu un long moment d'hésitation, avant d'accepter l'idée de vivre si loin à l'étranger. Pour être totalement franche avec vous, je ne voulais pas du tout venir en France. Je pense qu'aujourd'hui, les femmes au foyer qui ont des enfants qui sont encore petits pourraient bien comprendre mon appréhension.

En voyant que j'étais toujours hésitante, j'ai été convoquée un jour par M. Hatabayashi, notre parent spirituel de la voie, et le chef de l'église de Chuuki.

Il m'a dit : « M. Morii, Chef de la Section d'Europe, ainsi que M. Kontani, Chef de la Section d'Afrique, souhaitent que Koichi, ton mari, reparte en France. C'est une chose gratifiante. Si tu n'es pas d'accord, ton mari devra certainement démissionner. Que penses-tu de tout cela ? » Mon mari a été affecté au sein de la Direction des Missions Etrangères de Tenrikyo afin de propager la voie à l'étranger. Je ne pouvais pas le contraindre à démissionner.

M. Hatabayashi dit également : « Koichi travaille tous les jours au service de Dieu Parent... mais toi, que fais tu ? Tu es entrain de gaspiller tout ton Toku, ta vertu... »

En entendant ces paroles, à l'époque j'étais enceinte de mon deuxième enfant, et je me suis dit « Quelque soit le lieu, toute ce que je souhaite, c'est que toute la famille puisse vivre en bonne santé et avec joie » c'est ainsi que j'ai pu me décider à vivre en France.

J'ai ainsi beaucoup réfléchi et renforcé ma détermination avant de venir en France, mais cependant, la vie en France n'a pas été très facile. Mon mari rentrait tard tous les soirs, et de mon côté, je ressentais beaucoup de fatigue et de stress à élever mes enfants. Au bout de deux ans, je suis tombée malade.

Je pense qu'il y a deux types de réaction devant les prémices d'une maladie. Les personnes qui n'hésitent pas à aller tout de suite à l'hôpital, et celles qui attendent jusqu'au dernier moment. Moi je suis typiquement celle qui attend le dernier moment. Après des jours et des jours de douleur et d'angoisse, je suis enfin allée à l'hôpital.

Le jour de mon opération a été fixé. Ma mère m'a encouragée en disant « Un ulcère à l'utérus, ce n'est pas vraiment une maladie, tu n'as pas du tout à t'inquiéter ».

M. Hatabayashi m'a appelée du Japon pour me dire : « Rassure toi, nous allons prier devant le Kanrodai pour toi, il n'y a rien à s'inquiéter ». M. Shinomori, parent spirituel et Chef de la Direction des Missions Etrangères à l'époque, m'a envoyé une lettre. Dans celle-ci, il était inscrit un hymne de l'Ofudesaki :

Ceci, cela, tout, le monde entier est le corps de Dieu
Réfléchissez-y donc! (Ofudesaki 3ème partie n°40 et 135)

Lorsque je l'ai lu, tout ce qui me tourmentait et m'angoissait s'est effacé, et tout ce qui me semblait trouble s'est s'éclairé comme si la brume autours de moi disparaissait. « Ah, c'était donc ainsi » j'ai réalisé avec beaucoup de simplicité les mots de l'Ofudesaki, du plus profond de mon cœur.

Jusque là, je me disais toujours que le Japon était très loin et que je ne pouvais pas rentrer facilement. Toutefois, pour Oyagami le Dieu Parent, le Japon et la France sont juste à côté, c'est à l'intérieur du même « corps de Dieu ». J'ai réalisé une fois de plus que quelque soit le lieu ou le pays, je vivais à l'intérieur du corps de dieu.

Je me suis alors rendue compte que cette maladie était un message de Dieu Parent, pour que moi, de nature à être constamment angoissée sur l'avenir, puisse ressentir la protection de dieu, qui ne changea pas quelque soit le lieu où j'habite.

M. Kamada et de nombreuses personnes de Tenrikyo Europe Centre ont prié pour moi, et en une semaine, j'ai pu recevoir la protection totale de Dieu Parent et sortir de l'hôpital pour rentrer chez moi.

L'Ofudesaki est composé de 172 hymnes.

En particulier, celui que j'ai cité tout à l'heure est répété à deux reprises, « Ceci, cela, tout, le monde entier est le corps de Dieu. Réfléchissez-y donc! ». C'est le seul qui soit répété deux fois. Qu'est ce que cela signifie ? Bien sûr, le Mikagura-Uta, aussi bien que l'Osashizu ou l'Ofudesaki sont pour nous des enseignements fondamentaux, mais en particulier sur le Ofudesaki, Oyasama a écrit : « Tout ce que j'avais dit jusqu'alors, vous l'aviez oublié. Voilà pourquoi je l'ai écrit au fil du pinceau. » Nous pouvons alors comprendre que dans l'Ofudesaki, nous pouvons y retrouver tout l'enseignement de Tenrikyo.

Je vais lire les commentaires : « Tout ce qui existe en ce monde a été crée par Oyagami, et tout l'univers est le corps de dieu. Par conséquent, l'homme ne vit pas par lui-même. Nous empruntons à dieu ce qu'il a crée, et nous vivons entre terre et ciel créés par Oyagami, dans ce monde qui est son corps, grâce à sa protection divine. »

Je vais un peu changé de sujet, mais tout à l'heure je vous ai présenté les paroles du M. Hatabayashi, notre Kaicho-sama (chef de l'église), concernant le Toku, la vertu. Mais le Toku, qu'est ce donc ?

Nous entendons souvent dire « cette personne a du Toku » ou « elle n'en a pas ». Etre riche, habiter dans une grande maison, être en bonne santé, tout cela représente une forme de Toku. Toutefois, même si nous n'avons pas d'argent ou n'habitons pas dans une grande maison, nous ne pouvons pas dire que nous n'avons pas de Toku. Quelque soit la situation, peut-on se réjouir de la situation dans laquelle on se trouve ? Là est le point essentiel.

Il y a également du Toku visible, et du Toku invisible.

Les conseils du Kaicho sama était en réalité de prendre une décision qui me permettrait d'accumuler du Toku invisible.

Maintenant, comment pouvons-nous accumuler notre Toku?

Dans le recueil d'anecdotes sur Oyasama, je vais vous présenter le numéro 144, « Ce qui atteint le ciel ».

Oyasama resta dans la prison de Nara du 24 mars au 5 avril 1844 et Chûzaburô Kôda, lui aussi, y fut détenu pendant dix jours. Durant tout ce temps, il eut la corvée des cabinets. Un jour qu'ayant fini de les nettoyer, il était revenu auprès d'Oyasama, elle lui demanda :

« Kôda, qu'est-ce que tu en dis d'avoir été mis dans un lieu pareil et d'avoir à nettoyer un endroit aussi dégoûtant que ces cabinets ? »

« On peut me donner n'importe quoi à faire, répondit-il, du moment que j'y vois le service de Dieu, en vérité, tout est parfait pour moi. »

Oyasama déclara alors 

« C'est ça, c'est ça. Si dur ou ingrat que ce soit, il suffit de penser : "C'est parfait !" pour que cet acte atteigne le ciel, que Dieu l'accepte et vous le retourne en grâce. Par contre, si l'on ne fait que gémir : "C'est dur !" "Ah ! que c'est fatigant !" devant n'importe quelle tâche pénible, eh bien ! c'est votre grogne qui atteint le ciel ! »

Nous qui écoutons les enseignements du Dieu Parent et de Oyasama, il faut que notre comportement et nos actes atteignent le Ciel.

Pour terminer, je souhaite remercier Oyagami-sama et Oyasama d'avoir permis à notre famille de vivre en France, tous en bonne santé, en changeant les grands malheurs en petits et les petits malheurs en rien pendant ces 23 dernières années. Je souhaite également vous remercier tous de votre présence et de votre aide, d'avoir pu célébrer avec joie le service mensuel du mois de novembre ensemble.

Je vous remercie de votre attention.