Tenrikyo Europe Centre

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Discours du Service mensuel de mars '12

Yoichirô MIYAMORI (Directeur des Missions Etrangères de Tenrikyô)

Comme j'ai eu l'occasion aujourd'hui de participer au Service mensuel de mars du Tenrikyô Europe Centre et à la Cérémonie de l'installation de son 7e chef, je vais vous adresser maintenant quelques mots. Je vous prie donc de bien vouloir m'accorder quelques minutes de votre attention.

Vous vous êtes rassemblés aujourd'hui en provenance de différentes régions d'Europe, et vous avez « certainement » uni vos cœurs dans la joie pour accomplir le Service.
Si j'ai employé ici le terme « certainement », c'est parce que la vraisemblance du fait que « vous avez uni vos cœurs dans la joie pour accomplir le Service » dépend entièrement de votre disposition de cœur. C'est quelque chose qui m'est difficile à sonder car celui-ci est invisible.

Mais il me semble que cette disposition de cœur pèse d'un grand poids dans l'accomplissement du Service. En effet, n'est-elle pas beaucoup plus importante que ce qui est visible ou matériel comme les gestes de la danse ou le son des instruments de musique ?

Il nous est enseigné dans l'Ofudesaki :

Du Service ? Mais duquel ?
Du seul Service du Kanrodaï, en toute intégrité.

(Ofudesaki, X, 21.)

Ainsi, le Service, effectué autour du Jiba, qui représente l'œuvre d'Oyagami opérée lors de la Création, vise au Salut universel.

Mais alors, qu'est-ce que c'est que le Service que vous venez d'accomplir dans ce Centre ?
C'est aussi le Service, mais effectué conformément à la Vérité du Jiba.
Mais, que signifie le terme « conformément à la Vérité du Jiba » ?
Cela veut dire « avec la même volonté que le Service effectué au Jiba ».
C'est parce que Dieu reconnaît notre cœur que se manifeste la Vérité, c'est-à-dire la protection divine.

Il est dit dans l'Ofudesaki :

Le Service, voie du Salut pour l'humanité entière,
fera parler même les muets.

(Ofudesaki, IV, 91.)

Si Dieu sort et œuvre dans le monde,
il n'y a rien à craindre quel que soit le Service.

(Ofudesaki, XIII, 55.)

Pour recevoir la protection divine, il est donc nécessaire d'accomplir le Service dans l'union des cœurs, débordant de joie et de sincérité pure, tout en s'en remettant à ces paroles divines.

Mais alors, que signifie l'expression « le cœur pur » ? Est-ce que quelqu'un peut répondre à cette question ?

Le 26 janvier en 1887, le Premier Shimbashira avertit les fidèles d'une possible intervention de la police au cours de l'exécution et que donc seuls les croyants prêts à sacrifier leur vie pouvaient y prendre part.
Pourquoi le Shimbashira avertit-t-il ainsi ? Je crois que ceux qui ont terminé le Shûyôka ou ont assisté au Séminaire Tenrikyô en Europe peuvent bien l'expliquer. Qui peut y répondre ?

En résumé, quelles que soient les épreuves qu'elle rencontrait, Oyasama ne cessa d'accomplir le Service, alors que la force policière de l'Etat le lui interdisait et continuait de la détenir en prison.
Pour le Premier Shimbashira et les fidèles de l'époque, c'était des jours pénibles où ils ne pouvaient suivre la parole d'Oyasama, même s'ils voulaient le faire.

L'accomplissement du Service risque d'entrainer l'arrestation d'Oyasama et de ses officiants. Mais Oyasama leur demande d'oser le faire. Si c'était vous, que feriez-vous ?

Entre Oyasama et le Premier Shimbashira, il y eu de vives discussions à maintes reprises. Quand le Shimbashira répondait qu'il accomplirait le Service mais avec l'autorisation du gouvernement, Oyasama lui rétorquait que le monde existe grâce à la protection d'Oyagami, et comme le monde existe, le gouvernement et les lois le peuvent aussi. Mais le principal, c'est la résolution d'esprit pour accomplir le Service.

Et le jour du 26 janvier, alors que l'état de santé d'Oyasama empira, le Shimbashira avertit les fidèles avant l'exécution du Service.
Les officiants devaient se résoudre à ne plus rentrer chez eux. En effet, ils gardèrent leurs vêtements habituels sous leurs habits de cérémonie pour le cas où ils seraient arrêtés.
Un document historique nous renseigne même aujourd'hui la liste des officiants du Service accompli ce jour-là.
Le OyasamaService du Kagura se fit par 9 hommes et une femme, Iso UEDA, alors qu'Oyasama leur avait enseigné 5 hommes et 5 femmes.

Mon arrière-grand-père, qui était aussi l'un de ces officiants, porta un kimono et un masque pour les femmes, pour assister à ce Service.
Les six danseurs de Teodori était tous des hommes, alors qu'il leur était enseigné 3 hommes et 3 femmes.
Quant aux instruments de musique, il n'y avait que le koto joué par Tamae NAKAYAMA, le shamisen par Yoshie IBURI et le kotuzumi, petit tambour, par Kiyoshi HASHIMOTO. Selon ce document, il n'y avait que trois sortes d'instruments sur neuf.

Kiyoshi HASHIMOTO, ayant joué du petit tambour ce jour-là, lancera plus tard un mouvement anti-Tenrikyô à Tokyô. Il est étonnant de trouver le nom de cette personne dans ce document ainsi que dans le livre de La Vie d'Oyasama, sans y retrouver le nom des autres. Ainsi, le nombre des officiants était incomplet.

Or, Oyasama consacra 50 ans pour enseigner le Mikagura-uta, les gestes des mains et les instruments de musique, pour déterminer le Jiba, le lieu de l'accomplissement du Service, pour préparer les masques du Kagura, pour installer le Kanrodaï et pour déterminer les officiants du Service.

Il est dit dans l'Ofudesaki :

Identique en merveille à la Création de ce monde
est l'œuvre que je donnerai à voir.

(Ofudesaki, VI, 7.)

Par ce Service sans précédent depuis la Création du monde,
je recommencerai ce monde et l'assurerai en paix.

(Ofudesaki, VI, 8.)

Tout ce qu'elle a fait vise au Salut universel.
Oyasama se hâta tant de l'accomplir. Et le Service qu'on a effectué à grand-peine était incomplet. Cela ne signifie pas qu'il manquait des personnes qui puissent y participer, mais elle consacra 50 ans pour en arriver là...
Pourtant, dans La Vie d'Oyasama, il est écrit : « Oyasama écoutait dans le plus complet ravissement la joyeuse musique... »
Mais pourquoi Oyasama était-elle contente ?

Il me semble qu'elle était contente de voir les fidèles se résoudre à accomplir le Service à tout prix.
Voilà ce qu'est « le cœur pur ».
Bien entendu, ce terme proprement dit ne désigne pas uniquement quelqu'un de bien ou quelqu'un sans avidité, mais symbolise un esprit prêt à travailler à l'œuvre divine quelle que soit la situation, sans condition. Car l'on ne peut pas parler de « pureté » si l'on s'impose des conditions.

Et « le cœur pur » désigne aussi l'esprit prêt à sauver autrui.
Par conséquent, l'expression « avoir le cœur pur », que je vous ai déjà suggéré tout au début de mon discours, signifie « être résolu à sauver autrui à tout moment »
Je vous demande donc d'accomplir d'abord le Service avec cet esprit pur, et d'administrer ensuite le Sazuke, tout en gardant cet esprit.

Or, il est écrit dans La Doctrine de Tenrikyô, p. 80 :
« Oyagami accorde en toute liberté sa protection aux cœurs qui ne font plus qu'un. Mais aussi nombreux que nous soyons, quand nous manquons à ce principe, Oyagami ne nous accorde rien. Nous ne vivrons dans la joie et l'exultation que si chacun d'entre nous se conforme à ce seul et unique principe de la Voie et que tous s'y entraident dans le respect mutuel. »

L'expression « cœurs qui ne font plus qu'un », en d'autres termes l'union des cœurs, signifie que chacun d'entre nous s'efforce de se conformer uniquement à l'Enseignement d'Oyagami, et non à une personne parmi nous.

Je commence à présent les gestes du OyasamaService du Kagura
et j'attends que tous ensemble le célèbrent.

(Ofudesaki, I, 10.)

Le Service n'a de sens que si notre disposition d'esprit à l'égard de son exécution est unie et identique. Il ne peut être effectué par une seule personne. Même s'il est effectué par bon nombre de personnes, il ne prend son sens que si leur cœur est en harmonie.
D'ailleurs, quand leur cœur n'est pas réuni, le Service semble lui aussi désordonné.

De plus, le Service n'a de sens que si nous prenons conscience qu'Oyagami nous protège et sauve. Le Service consiste donc à manifester notre joie d'être protégé et sauvé par lui et à la partager entre nous.

Autrefois, un certain Monsieur K, qui avait été au TEC aussi, vivait dans mon église.
A la demande de l'ancien chef du TEC, M. Noriaki Nagao, je m'étais engagé à m'occuper de lui au Jiba, à la Direction des Missions Etrangères. Pourtant, où qu'il aille, on me disait : « il nous est insupportable, dites-lui quelque chose. » Même à la Direction des Missions Etrangères, on m'avait demandé de le placer ailleurs.
C'est à bout de ressources que je me suis résigné à le loger dans mon église. Et peu de temps après, j'ai compris pourquoi on ne pouvait pas le supporter.
C'est parce qu'il manquait de reconnaissance.

Même si les fidèles de mon église étaient gentils avec lui, il se plaignait d'eux au lieu de les remercier. Par exemple, quand on lui préparait des sushis, il critiquait après avoir mangé : « C'était trop sucré, ce n'est pas bon pour la santé. »
Mais il restait tout de même à mon église, car il n'avait nulle part où aller.

Un jour, lors de la répétition des instruments de musique pour le Service, je lui fis jouer de la flûte. J'ignore pourquoi, mais il jouait vraiment bien, mieux que tous les autres de mon église.
Il a mauvais caractère (Rires), mais il joue bien de la flûte. Quand je le félicite, il s'exerce encore plus. Alors, comme on m'a proposé sa participation au Service, je lui en ai confié un rôle.

Mais quelques mois plus tard, il commença à critiquer : « Aujourd'hui, le chanteur était mauvais. Il devait chanter conformément à la flûte. » Même s'il joue bien des instruments de musique, ses paroles annihilent la valeur de sa participation au Service.
L'union des cœurs ne signifie pas tout simplement l'harmonie musicale et rituelle.
Je souhaite que vous célébriez le Service en unissant vos cœurs.
Voici la deuxième disposition de cœur, qui est l'union des cœurs.
Vous rappelez-vous la première ? Il me semble que vous l'avez déjà oubliée. (Rires)
Je le répète. La première, c'est le cœur pur.
Et maintenant, quel est la troisième ? C'est le cœur exalté.

Il est dit dans l'Ofudesaki :

A mesure que les cœurs du monde entier s'exalteront,
Les plantes elles aussi débordent de sève.

(Ofudesaki, X, 82.)

Il est enseigné ici que la source de toute protection divine réside dans notre cœur.

De plus, il est dit dans l'Osashizu :

« Comprenez-le bien. Là où il y a la joie, vous verrez s'ouvrir le chemin de la joie. Là où vous ne faites que réfléchir, vous verrez s'ouvrir le chemin de la réflexion. Là où vous espérez tout arranger, vous verrez alors s'ouvrir le chemin de l'arrangement. »

(Osashizu, le 4 août 1898.)

Pourtant, même si l'on nous dit d'éprouver de la joie ou d'être exalté, nous ne le pouvons pas facilement.
Or, pour que nous puissions nous exalter, il existe deux moyens.
Le premier, c'est de nous contenter de nous-même, c'est-à-dire comme dit le proverbe suivant : « Contentement passe richesse ». Mais comme l'explication sur ce point prend du temps, je le réserve pour une autre occasion.

Le deuxième, c'est de nous demander constamment comment exalter et contenter les autres. Quand nous réussissons à faire plaisir à quelqu'un, nous pouvons nous rendre compte qu'il n'y a rien de plus réjouissant que cela. En réalité, celui qui rend heureux quelqu'un peut l'être encore plus que ce dernier.

En revanche, quand on réprime quelqu'un, l'un et l'autre éprouvent de la mauvaise humeur. N'est-ce pas amusant ? Une personne qui éprouve du plaisir à accabler les autres d'injures est quelqu'un de vraiment sadique. Je vous déconseille d'être ami avec une telle personne ! (Rires)

Pour le Service, il nous importe de l'exécuter à l'unisson des cœurs en prêtant attention à ses voisins.
S'il est célébré dans l'harmonie, tout le monde s'exalte spontanément.
En ce sens, il n'est pas forcément nécessaire de faire l'effort de vous exalter vous-même, mais d'exalter vos voisins.

N'oublions donc pas ces trois dispositions de cœur pour célébrer le Service.
Ces trois dispositions sont, je le répète, le cœur pur, l'union des cœurs et le cœur exalté.
Je vous demanderais de les garder à votre esprit non seulement lors de l'exécution du Service, mais aussi dans la vie quotidienne.

Aujourd'hui, M. Yoshihisa Hasegawa prend le relais de M. Tanaka en tant que chef du TEC.
Ce que j'attends du nouveau chef, ce n'est pas qu'il prenne l'initiative des fidèles européens, mais qu'il s'efforce de produire une atmosphère conviviale propre au TEC, pour que lorsqu'ils y viennent, les yôboku et les fidèles résidant partout en Europe puissent purifier leur cœur en se rappelant le Modèle d'Oyasama.
En d'autres termes, j'espère que l'atmosphère du TEC puisse exalter et unir leur cœur.

Le Centre existe pour vous tous qui habitez en Europe. Je souhaite que vous rendiez son atmosphère « pure », « unie » et « exaltée ».
L'atmosphère qui s'en dégage n'est pas le produit de son sol ni de ses bâtiments, mais celui de l'union de vos cœurs.
Voilà pourquoi j'ai nommé au poste de nouveau chef du TEC M. Hasegawa, qui réside ici depuis longtemps.

Chers fidèles d'Europe, les yôboku sont encore peu nombreux dans le monde entier.
En tant qu'instruments d'Oyasama et en unissant vos cœurs, j'espère que vous pourrez ouvrir ensemble une voie solide sur cette terre.
Pour terminer, j'espère que vous vous entendrez bien avec le nouveau chef du TEC.