Tenrikyo Europe Centre

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Discours du Service mensuel de mars '19

Koichi IWAKIRI (Membre du comité du TEC)

Comme vous le savez, nous allons célébrer le 50e Anniversaire de la fondation de ce centre en septembre l'année prochaine. Et Tenrikyo Europe Centre a annoncé 3 résolutions du cœur pour cette saison.

d'apprendre les chants du Mikagurauta de s'améliorer à la Dance Sacrée d'inviter nos amis à aller prier aux missions postes.

Tenrikyo demande toujours à chacun de fixer une résolution du cœur avant les grandes fêtes, pourquoi donc ? Je voudrais justement vous parler aujourd'hui des raisons de cette résolution du cœur dans le cadre de la croyance de Tenrikyo.

Dans l'Ofudesaki que nous a laissé Oyasama, il est écrit comme suit :

Réfléchissez bien, suivez-moi d'un cœur ferme !
Et la Voie pleine de promesse s'ouvrira.5-24

Si nous suivons la Voie enseignée par Oyasama, nous finirons à coup sûr par atteindre la Voie du bonheur. Mais, comme il est dit dans ce verset, avant d'y parvenir, Oyasama veut que nous affermissions d'abord notre cœur. Dans ce verset, il y a les mots « réfléchissez bien ». Ce mot « Réfléchir » apparaît plus de 70 fois dans l'Ofudesaki, c'est pourquoi je crois qu'il a une profonde signification, et qu'il nous est demandé d'affermir notre cœur après avoir bien réfléchi à la volonté de Dieu Parent.

En outre, il est dit dans un des Hymne de la Danse Sacrée :

Je ne vous oblige pas à vous mettre en route,
Tant que votre cœur n'est pas affermi.9-6

Ici il est enseigné de ne pas insister auprès des personnes qui n'arrivent pas à affermir leur cœur. Autrement dit, tant que nous ne parvenons pas à affermir notre cœur, nous ne sommes pas capable de suivre l'enseignement d'Oyasama.

Pourquoi est-il donc si important d'affermir son cœur ? Comme vous le savez , le Tenrikyô enseigne que

« Le corps de l'homme est un prêt de Dieu ou un emprunt à Dieu.
Mais son cœur lui appartient en propre. »

Et il est écrit dans le 7e chapitre de la Doctrine de Tenrikyo comme suit :

« Puisque nous empruntons tous notre corps à Dieu Parent, il nous est essentiel de nous en servir conformément à la volonté de Dieu Parent. Incapables de discerner ce principe, nous voulons toujours faire passer avant tout notre vision d'homme et nous servir de notre corps à notre guise ; c'est pourquoi nous obscurcissons notre capacité naturelle de recevoir la protection de Dieu Parent, et devenons les artisans de notre propre malheur et angoisse. »

Selon le libre usage de notre cœur qui nous a été accordé, il peut arriver que les êtres humains ne soient pas heureux.

Que signifie la résolution du cœur dans la croyance de Tenrikyô ? Le Dictionnaire du Tenrikyô en donne l'explication suivante :

« Ce terme se réfère à la compréhension de l'intention de Dieu Parent de sauver l'humanité et au serment et à la résolution de répondre à cette intention divine. On nous dit que le serment et la détermination des hommes vont permettre à Dieu Parent d'ouvrir la voie à de nouvelles possibilités de salut. »

Dans l'Ofudesaki, il est écrit ainsi :

À toute prière sincère d'un cœur résolu,
sur-le-champ même, ma liberté totale...7-43

Pour recevoir le salut de la liberté total de Dieu Parent, il est important de prier d'un cœur résolu. Dans l'Anecdote sur la Vie d'Oyasama, il y a une histoire connue d'une dame qui s'appelle Rin Masui. Celle-ci avait perdu la vue mais elle l'a regagné grâce à sa resolution du coeur. Permettez-moi de lire l'anecdote No 36. « La résolution du cœur » :

Lorsque Rin Masui voulut se lever le matin du 4 décembre 1874, ses yeux, chose étrange, étaient tout gonflés et lui causaient une vive douleur. Cela empira avec les jours et le médecin consulté lui causa une grande commotion quand il eut décelé la cataracte. Elle essaya tous les traitements possibles mais finit par perdre la vue.

Ce nouveau malheur lui arrivait deux ans après la disparition de son mari et plongea toute la famille encore plus dans l'affliction.

Au tournant de la nouvelle année, Ikutarô, le fils aîné de Rin, âgé de douze ans, revint de Tatsuta en racontant qu'un homme rencontré en route lui avait parlé du Dieu « Tenryû » au village de Shoyashiki en Yamato, Dieu qui était capable de sauver de toutes les maladies imaginables et qui guérissait pourvu qu'on l'invoquât dans des prières trois jours et trois nuits durant.

Aussitôt, mère et enfants se tournant dans la direction du Yamato restèrent trois jours et trois nuits à prier, mais ce fut sans résultat. Alors, Rin chargea son domestique, Tamehachi, d'aller prier pour elle à Shoyashiki.

Ayant quitté Ôgata avant l'aube, Tamehachi parvint à la Résidence vers midi et il put rendre hommage à Oyasama en kimono rouge; puis, après avoir reçu de ses intermédiaires les principes de l'Enseignement et un feuillet en consignant les points essentiels, il s'en retourna.

Quand Ikutarô eut lu à sa mère ce qui était écrit sur le feuillet, celle-ci comprit ce qu'était l'Enseignement. Peu lui importait dès lors ce qui arriverait ou non à son corps. C'est pourquoi, avec ses deux enfants elle prit d'un cœur ferme la résolution suivante: « Afin de venir à bout de l'innen de notre famille, endurant chaleur ou froid, même si je dois marcher avec des cannes, je vivrai désormais pour servir au Salut de l'humanité. Et tous trois, bravant les obstacles, nous cheminerons dans la joie si tel est notre destin. »

Puis Rin, Ikutarô et la petite Tomie de huit ans, après avoir fait leurs ablutions, prièrent trois jours et trois nuits de suite, la face tournée vers le Jiba et répétant: « Namu, Tenri-O-no-mikoto... »

La troisième nuit s'achevait. Assise près du brasero, Rin continuait à prier, sa fille à ses côtés. Tomie vit un rai de lumière glisser par les interstices de la porte et s'écria: « Mère, l'aube est venue! »

Se tournant vers l'entrée elle vit à son tour cette lumière filtrant par les interstices. Croyant rêver, elle se leva d'un bond et courut ouvrir les volets. Dehors, comme autrefois, c'était la même lumière resplendissante du matin. Et voilà qu'étrangement elle se retrouvait guérie par la grâce de Dieu.

Sans perdre de temps, Rin alla rendre grâce à Dieu au Jiba.

(abréger)

Oyasama lui dit: « Avec de simples bribes d'Enseignement à l'oreille, tu as franchi des monts et des vallées, tu es venue de loin, de bien loin. Ecoute! Je reconnais là la résolution de ton cœur. Réjouis-toi, réjouis-toi. »

En ce qui concerne la résolution du cœur, il nous a été laissé le remarquable Modèle d'Oyasama. Juste avant qu'Oyasama se rende invisible en 1887, il y eut des échanges tendus entre Oyasama et le premier Shimbashira. Oyasama voulait hâter la célébration du Service mais à cette époque-là, célébrer le Service était contraire à la loi. Oyasama s'adressa alors au premier Shimbashira qui voulait éviter d'enfreindre cette loi, dans les termes suivants :

« C'est parce que Dieu Parent existe que le monde existe ; le monde existe, donc toutes choses existent et parmi elles vos corps aussi ; du fait que vos corps existent, il y a des lois mais même si les lois existent, le principal, c'est la résolution de l'esprit ! »(Xe chapitre de La Vie d'Oyasama)

Dans la société actuelle, même si nous célébrons le Service, nous n'enfreignons pas la loi. Dans ce cas-là, pouvons-nous dire que pour célébrer le Service, il n'est pas nécessaire de déterminer notre cœur ? La réponse est non. Mais plutôt, puisque nous vivons aujourd'hui dans ce monde tel qu'il est, il nous est demandé de célébrer le Service après avoir déterminé fermement notre cœur pour ne pas être emporté par le courant du monde.

La première personne du Tenrikyô à avoir pris une résolution du cœur était le mari d'Oyasama  Zembei NAKAYAMA. Le premier chapitre de La Vie d'Oyasama décrit cette journée du 26 Octobre 1838 où il fut décidé qu'il donnerait sa femme à Dieu pour temple de Dieu. Je lis

« Miki à jeun, sans sommeil, inconsciente du jour et de la nuit, ne cessait de transmettre la volonté de Dieu et sa fatigue, sa tension semblaient si extrêmes que l'on pouvait craindre pour sa vie. Puisqu'il n'y avait aucune autre solution, Zembei décida de céder : le vingt-sixième jour à huit heures du matin, il déclara donc sous le coup d'une ferme résolution : “Je vous donne Miki.” »

Je crois que nous devons être profondément conscients que c'est grâce à la détermination de Zembei, le mari d'Oyasama que notre foi du Tenrikyô existe aujourd'hui.

Je vous remercie de votre aimable attention.