Tenrikyo Europe Centre

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Discours du Service mensuel de juin '23

Koichi IWAKIRI (Membre du comité du TEC)

À l'Église Mère de Tenrikyo, le 140e anniversaire de la disparition d'Oyasama sera célébré le 26 janvier 2026, dans trois ans. Je suis sûr que vous savez tous que l'anniversaire de la disparition d'Oyasama est une célébration importante qui a lieu tous les dix ans. Le 26 janvier de cette année, la période de trois ans et mille jours précédant le 140e anniversaire d'Oyasama a commencé. Et en octobre de l'année dernière, le Shimbashira a publié Quatrième Instruction et il a dit les paroles suivantes.

Afin de répondre à ce cœur parental d'Oyasama, chacun des fidèles et yoboku raffermit sa conscience d'instrument d'Oyasama, et conduit, pour une période déterminée, ses pas résolu vers la maturité d'esprit, voilà en quoi réside la signification de la célébration décennale de l'Anniversaire d'Oyasama.

En réponse à ces paroles, une réunion s'est tenue en décembre de l'année dernière au Tenrikyo Europe Centre et quatre objectifs de maturité pour tous les croyants en Europe ont été convenus.

  1. Association au Service mensuel
  2. Invitons des membres de la famille ou des amis à aller prier ensemble.
  3. Exprimons notre gratitude de tous les jours.
  4. Transmettons la foi à la génération suivante.

Pour atteindre ces objectifs de maturité nous nous sommes fixé deux résolutions du cœur.

  1. Le nombre total des personnes qui auront assisté au Service mensuel : 8000
  2. Le nombre des personnes qui seront venues prier pour la première fois dans votre Kyokai ainsi que à l'Eglise-Mère ou aux autres lieux de prière : 500.

Dans le Tenrikyo, il arrive souvent qu'une période de temps soit réservée pour se fixer des objectifs de maturité. Pourquoi en est-il ainsi ?

Dans l'Ofudesaki que nous a donné Oyasama, il est écrit :

Réfléchissez bien, suivez-moi d'un cœur ferme !
Et la Voie pleine de promesse s'ouvrira.5-24

Si nous suivons la Voie enseignée par Oyasama, nous finirons à coup sûr par atteindre la Voie du bonheur. Mais, comme il est dit dans ce verset, avant d'y parvenir, Oyasama veut que nous affermissions d'abord notre cœur. Dans ce verset, il y a les mots « réfléchissez bien ». Ce mot de « Réfléchir » apparaît plus de 70 fois dans l'Ofudesaki, c'est pourquoi je crois qu'il a une profonde signification, et qu'il nous est demandé d'affermir notre cœur après avoir bien réfléchi à la volonté de Dieu Parent.

En outre, un Hymne de la Danse Sacrée nous dit :

Je ne vous oblige pas à vous mettre en route,
Tant que votre cœur n'est pas affermi.9-6

Il est enseigné aux personnes qui n'arrivent pas à affermir leur cœur de ne pas insister. Autrement dit, si l'on n'affermit pas son cœur en réfléchissant bien à la volonté de Dieu Parent, nous ne pouvons pas suivre correctement l'enseignement d'Oyasama.

Pourquoi est-il donc si important d'affermir son cœur ? Comme vous le savez tous, le Tenrikyô enseigne que

Le corps de l'homme est un prêt de Dieu ou un emprunt à Dieu.
Mais son cœur lui appartient en propre.

Et il est écrit au 7e chapitre de la Doctrine de Tenrikyo comme suite.

Puisque nous empruntons tous notre corps à Dieu Parent, il nous est essentiel de nous en servir conformément à la volonté de Dieu Parent. Incapables de discerner ce principe, nous voulons toujours faire passer avant tout notre vision d'homme et nous servir de notre corps à notre guise ; c'est pourquoi nous obscurcissons notre capacité naturelle de recevoir la protection de Dieu Parent, et devenons les artisans de notre propre malheur et angoisse.

Selon le libre usage de notre cœur qui nous a été accordé, il peut arriver par fois que les êtres humains ne soient pas heureux.

Que signifie la résolution du cœur de Tenrikyô ? Le Dictionnaire du Tenrikyô en donne l'explication suivante :

Ce terme se réfère à la compréhension de l'intention de Dieu Parent de sauver l'humanité. C'est aussi la fidélité au serment et à la résolution de répondre à cette intention divine. On nous dit que le serment et la détermination, ancrés dans la foi, vont permettre à Dieu, le Parent de l'humanité, d'ouvrir la voie à de nouvelles possibilités de salut.

Dans l'Ofudesaki, il est écrit ce qui suit :

À toute prière sincère d'un cœur résolu (de l'homme),
sur-le-champ même, ma liberté totale (de Dieu Parent)7-43

Il est important de prier d'un cœur résolu pour recevoir les protections de Dieu Parent. En ce qui concerne la résolution du cœur, il nous a été laissé le remarquable Modèle d'Oyasama. Juste avant qu'Oyasama se rende invisible en 1887, il y eut des échanges tendus entre Oyasama, qui voulait hâter la célébration du Service, et le premier Shimbashira. À cette époque-là, célébrer le Service était contraire à la loi. Et au premier Shimbashira qui disait que l'on ne pouvait enfreindre la loi, Oyasama répondit que

C'est grâce au fait que Dieu Parent existe que le monde existe ; le monde existe, donc toutes choses existent et parmi elles vos corps aussi ; du fait que vos corps existent, il y a des lois mais même si les lois existent, le principal, c'est la résolution de l'esprit !(La Vie d'Oyasama, X: La Porte Ouverte)

Dans la société actuelle, même si nous célébrons le Service, nous n'enfreignons pas la loi. Dans ce cas-là, pouvons-nous dire que pour célébrer le Service, il n'est pas nécessaire de déterminer notre cœur ? Non, nous ne pouvons pas parler ainsi. Mais plutôt, puisque nous vivons aujourd'hui dans ce monde tel qu'il est, il nous est demandé de célébrer le Service après avoir déterminé fermement notre cœur pour ne pas être emporté par le courant du monde.

Dans l'Anecdote sur la Vie d'Oyasama, il y a une histoire connue d'une dame qui s'appelle Rin Masui. Elle a perdu la vu mais elle a retrouvé grace à sa resolution du coeur. Permettez moi de lire l'Anecdote N° 36 « La résolution du cœur ».

Lorsque Rin Masui voulut se lever le matin du 4 décembre 1874, ses yeux, chose étrange, étaient tout gonflés et lui causaient une vive douleur. Cela empira avec les jours et le médecin consulté lui causa une grande commotion quand il eut décelé la cataracte. Elle essaya tous les traitements possibles mais finit par perdre la vue.

Ce nouveau malheur lui arrivait deux ans après la disparition de son mari et plongea toute la famille encore plus dans l'affliction.

Au tournant de la nouvelle année, Ikutarô, le fils aîné de Rin, âgé de douze ans, revint de Tatsuta en racontant qu'un homme rencontré en route lui avait parlé du Dieu « Tenryû » au village de Shoyashiki en Yamato, Dieu qui était capable de sauver de toutes les maladies imaginables et qui guérissait pourvu qu'on l'invoquât dans des prières trois jours et trois nuits durant.

Aussitôt, mère et enfants se tournant dans la direction du Yamato restèrent trois jours et trois nuits à prier, mais ce fut sans résultat. Alors, Rin chargea son domestique, Tamehachi, d'aller prier pour elle à Shoyashiki.

Ayant quitté Ôgata avant l'aube, Tamehachi parvint à la Résidence vers midi et il put rendre hommage à Oyasama en kimono rouge; puis, après avoir reçu de ses intermédiaires les principes de l'Enseignement et un feuillet consignant les points essentiels, il s'en retourna.

Quand Ikutarô eut lu à sa mère ce qui était écrit sur le feuillet, celle-ci comprit ce qu'était l'Enseignement. Peu lui importait dès lors ce qui arriverait ou non à son corps. C'est pourquoi, avec ses deux enfants elle prit d'un cœur ferme la résolution suivante: « Afin de venir à bout de l'innen de notre famille, endurant chaleur ou froid, même si je dois marcher avec des cannes, je vivrai désormais pour servir au Salut de l'humanité. Et tous trois, bravant les obstacles, nous cheminerons dans la joie si tel est notre destin. »

Puis Rin, Ikutarô et la petite Tomie de huit ans, après avoir fait leurs ablutions, prièrent trois jours et trois nuits de suite, la face tournée vers le Jiba et répétant: « Namu, Tenri-O-no-mikoto... »

La troisième nuit s'achevait. Assise près du brasero, Rin continuait à prier, sa fille à ses côtés. Tomie vit un rai de lumière glisser par les interstices de la porte et s'écria: « Mère, l'aube est venue! »

Se tournant vers l'entrée elle vit à son tour cette lumière filtrant par les interstices. Croyant rêver, elle se leva d'un bond et courut ouvrir les volets. Dehors, comme autrefois, c'était la même lumière resplendissante du matin. Et voilà qu'étrangement elle se retrouvait guérie par la grâce de Dieu.

Sans perdre de temps, Rin alla rendre grâce à Dieu au Jiba. Quand elle eut fait transmettre sa reconnaissance par Gisaburô Nakata, il lui fut déclaré :

« Ecoute! En une nuit, tu t'es retrouvée aveugle ! Ecoute, l'innen, l'innen! C'est Dieu qui t'a tirée à lui. Sois bienvenue, bienvenue. Saemon, expliquez-lui bien les choses, expliquez-lui bien. »

Rin passa la nuit à la Résidence. Le lendemain, Nakata lui expliqua les principes de l'Enseignement et lui apprit les mouvements de la main pour les offices du matin et du soir. Oyasama lui parla de nouveau :

« Ecoute! Tous les moyens sont bons à Dieu pour attirer à lui l'âme qui a l'innen, c'est-à-dire celui qu'il veut prendre à son service; tu dois donc t'estimer heureuse et poursuivre la Voie dans la joie quoi qu'il puisse arriver.
Il attire à lui les instruments qui lui sont nécessaires, même en leur faisant mal. Puisqu'il est parfois obligé de les attirer par la souffrance, ce qu'il fait, ce qu'il accomplit est différent. C'est normal. A cause de cela, tu n'allais pas mieux et il était normal que tu n'ailles pas mieux. Car Dieu fait les choses autrement. Tu ne pouvais pas guérir, n'est-ce pas? Écoute, c'est l'innen, ça, l'innen.
Saemon, expliquez-lui bien les choses. Si tu es aveugle, c'est comme si Dieu te mettait la main devant les yeux, alors, tu dis que tu ne vois rien. Écoute, si Dieu retire sa main, aussitôt tu vois clair. Tu peux voir, non? Allons, allons, du courage, du courage. Même si tu le voulais, tu ne pourrais pas être en difficulté. Tout est à la mesure du cœur de chacun. »

Elle passa encore une nuit à la Résidence et fit annoncer le lendemain matin par Nakata son intention de s'en retourner à Kawachi.

Oyasama lui dit :

« Avec de simples bribes d'Enseignement à l'oreille, tu as franchi des monts et des vallées, tu es venue de loin, de bien loin. Ecoute! Je reconnais là la résolution de ton cœur. Réjouis-toi, réjouis-toi. Allons, je te donne des vêtements, des provisions de bouche et de l'argent. Tu vas servir longtemps. Allons! Réjouis-toi, réjouis-toi, réjouis-toi.»

Rin avait la gorge tellement nouée par des larmes d'émotion qu'elle ne put dire un mot. Rin Masui avait trente-deux ans lors de cette histoire.

La première personne du Tenrikyô qui a pris une résolution du cœur était le mari d'Oyasama : il s'appelait Zembei NAKAYAMA. Le premier chapitre de La Vie d'Oyasama décrit comme suit le jour du 26 Octobre 1838 où il fut décidé qu'Oyasama serait le temple de Dieu.

« Miki à jeun, sans sommeil, inconsciente du jour et de la nuit, ne cessait de transmettre la volonté de Dieu et sa fatigue, sa tension semblaient si extrêmes que l'on pouvait craindre pour sa vie. Puisqu'il n'y avait aucune autre solution, Zembei décida de céder : le vingt-sixième jour à huit heures du matin, il déclara donc sous le coup d'une ferme résolution : “Je vous donne Miki.” »

Trois jours après la révélation divine « Donnez-moi Miki pour Temple de Dieu », et après avoir mûrement réfléchi, finissant par abandonner le sens commun, son mari Zembei a obéi à la volonté de Dieu Parent sous le coup d'une ferme résolution. Je crois que nous devons être profondément conscients que c'est grâce à la détermination de Zembei que notre foi du Tenrikyô existe aujourd'hui.

Merci de votre aimable attention.

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