Tenrikyo Europe Centre

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Discours du Service mensuel de décembre '06

Maria del Carmen ALEN ALVAREZ (Chef de GALICIA CASA MISIONERA)

Comme nous le savons tous déjà, ce mois-ci s'achèvera l'année du 120e anniversaire de la disparition d'Oyasama

Monsieur le Shimbashira disait ceci lors de sa prière adressait à Dieu Père et Mère le 26 janvier de cette année en commémoration du 120e anniversaire.

Pour être parvenu jusqu'à cette date si pleine de signification, gravant dans nos cœurs le profond amour paternel et maternel, nous nous engageons à avancer d'un pas ferme pour répondre aux bienfaits reçus, élisant ce jour comme un nouveau point de départ.

Nous trouvons également dans l'Osashizu du 14 novembre 1895, le rappel à l'ordre d'Oyasama:

« …J'attends avec impatience la maturité de tous mes enfants de par le monde. Vous en viendrez à penser : » nous ne devons pas nous inquiéter, nous avons déjà mûri »… Le moment n'est pas encore venu, le moment n'est pas encore venu.Écoutez-en la raison avec attention. Il n'est pas correct, il n'est pas correct le cœur qui considère le 10e anniversaire comme but.

Généralement, nous les êtres humains, plaçons des objectifs tout au long de nos vies et, nous nous arrangeons pour les atteindre selon l'intérêt que nous y portons.Par exemple, nous faisons beaucoup d'efforts pour les préparatifs d'un mariage, pour la naissance d'un enfant, pour obtenir un diplôme universitaire etc.. Mais, tous sont des efforts pour nous-mêmes, c'est quelque chose d'individuel et c'est pour cela que nous le faisons sans nous soucier des sacrifices qu'il faudra faire pour y parvenir. Mais malgré tout, bien que cela soit dans notre propre intérêt, il arrive souvent que nous ne parvenions même pas à le concrétiser.Je connais des cas ou pendant que le couple préparait tout pour le mariage et cherchait même un appartement pour vivre ensemble, que l'un d'entre eux rencontra une autre personne et que le mariage que l'on préparait tombe à l'eau. De la même façon, nombreux sont ceux qui se préparent pour un métier et qui au bout d'un an voir deux abandonnent. Ainsi est le cœur humain.

 Je crois que c'est pour cette raison qu'Oyasama nous donne autant d'indications et que de temps à autre elle nous réprimande en nous disant de prêter plus d'attention au Modèle Divin.Nous devons parfaitement comprendre qu'il ne s'agit pas là de choses à notre convenance. Nous qui nous vouons chaque jour à la voie et nous qui disons que nous suivons sérieusement cette foi, nous devons constamment être attentif à l'enseignement et aux indications d'Oyasama.

Je vais vous parler maintenant d'un passage difficile auquel nous devons faire face actuellement dans notre centre missionnaire.

Depuis le mois de mai de l'année dernière, nous avons préparé et présenté tous les papiers nécessaires pour demander la formation d'une association religieuse de Tenrikyô en Espagne.

Lorsque j'en ai eu l'idée, et conformément avec ce dont j'avais parlé avec les membres les plus fermes dans la foi, je pensais qu'ils me soutiendraient tous sans réserve.Cependant, dès la première réunion des mécontents apparurent par rapport à la répartition des fonctions, des charges, etc..

Ma perplexité fut telle que je ne parvenais pas à comprendre de quelle manière ils entendaient la voie d'Oyasama et comment moi-même je la comprends.De plus, lorsque j'ai essayé de leurs expliquer que dans le cas de la voie de la foi, ce n'est pas la même chose que dans le cas d'une association mondaine, non seulement nombreux furent ceux qui ne comprirent pas mais en plus certains d'entre eux qui voulaient participer à cette création,y renoncèrent complètement.Ce manque de confiance affichée par certaines personnes sur lesquelles je m'étais appuyé jusque la, fut une telle déception, que je décidais d'attendre un moment pour prendre plus d'assurance.

Évidemment, une fois le premier choc passé, je compris notre manque de maturité et je les convoquais de nouveau à une réunion pour leur demander leur collaboration, vu qu'il ne s'agit pas du bien être d'un petit nombre de personnes mais plutôt du fait que nous devons essayer de développer davantage la voie en Espagne. Ainsi,malgré la réticence de certains membres( l'un d'entre eux en vint à me dire qu'il ne signerait pas quelque chose avec quoi il n'était pas d'accord), nous sommes parvenus à présenter les papiers au Ministère de l'Intérieur. Cependant, en octobre dernier, on nous demanda plus d'informations sur les bases de la foi de Tenrikyô, vu qu'il n'y a, à ce jour aucune inscription de cette religion au niveau des autorités espagnoles. Avec ce refus, je compris très bien une indication divine de l'Osashizu daté du 21 avril 1896.

 

Sah, sah, ils viendront vous dire, ils viendront vous dire n'importe quoi.Ils ne pourront rien faire avec la force humaine…Cette fois ci, je fais qu'ils enquêtent parfaitement… J'essaie de réunir, de tous vous réunir, en nettoyant vos cœurs à fond. Vous devez me demander. Tout d'abord cela vous fera peur. Parmi les difficultés, on trouve la joie…Seulement si vous maintenez un cœur ferme,j'agirai, j'agirai.Ceux qui s'opposent à moi sont également mes enfants chéris.Mais ceux qui m'aiment sont malgré tout beaucoup plus nombreux. Mais aussi fort qu'ils puissent m'aimer, s'ils ne mettent pas en pratique mes paroles ils sont semblables à ceux qui s'opposent à moi. Certains chefs disent que ces indications ne sont pas divines.Il est naturel que le monde s'oppose à moi.L'opposition sur le chemin, l'opposition sur le chemin, c'est comme si les fertilisants déjà répandus étaient aplanis.

 

 

Je compris parfaitement que les plaintes et les oppositions des fidèles n'étaient autres que le désir d'Oyagami que tout soit propre dès le début de façon à pouvoir s'établir en Espagne.Ainsi, après avoir réfléchi sur mon propre manque de maturité et celle de tous les membres pour pouvoir établir fermement le nom de Tenri-O-No-Mikoto en Espagne, je me dis en moi-même que pour avancer d'un pas aussi grand, Oyagami était entrain de s'assurer de la sincérité du cœur de chacun d'entre nous. Il me vint également en mémoire un passage de l'Osashizu daté du 7 avril 1907concernant la divulgation parce que, les informations que nous demandent les autorités concernent directement la foi.Je compris ainsi que c'était une opportunité merveilleuse qu'Oyasama nous donnait pour divulguer la foi dans les hautes montagnes.Dans ce passage de l'Osashizu Oyasama nous demande :

« Quant au parfum, le plus vite sera le mieux. Dépêchez vous de le faire. Vous devez le faire rapidement…Jusqu'aux endroits éloignés, sans aucune exception, sans exception…Sah, jusqu'à maintenant ici et là les cœurs étaient désunis, en vous demandant : ça sera comment ? est ce que ce sera ainsi ?malgré tout, à dater d'aujourd'hui, transmettez leurs clairement ce qui est établi et soyez tous unis…Je vous demande de le faire sans réserve de cœur à cœur.Modifiez totalement l'ambiance et dites leurs que ce sont des directives venant de Dieu. Expliquez le leur rapidement…. Si vous travaillez ? vous aurez tous le mérite correspondant à votre travail.

Je pense qu'Oyasama a également la volonté de s'établir en ce lieu, mais elle veut savoir avant tout si nous les espagnols sommes suffisamment unis dans la foi de cette voie et si nous sommes disposés à la suivre quoi qu'il arrive, pour nous donner cette permission.

Alors, en prenant ce nœud comme un nouveau point de départ, je décidais de préparer une nouvelle information en me basant sur la Doctrine et pour se faire je recherchais différents versets de l'Ofudesaki, des Indications Divines dans l'Osashizu et des passages du Mikagura Uta.Mais malgré tout, cette information ne satisfait pas tout le monde, bien évidemment.

Quel est le problème? Tout simplement que chacun veut expliquer la doctrine à sa façon. Ce ne fut pas facile de leurs faire comprendre que cela n'était pas possible, que nous devions nous baser sur les textes sacrés de façon à ce que lorsque les autorités voudront réellement s'informer, et qu'à cette fin, elles consulteront le siège de l'église Mère, elles y trouveront la même vérité que celle que nous sommes entrain de leur soumettre.De ce fait, nous préparons de nouveau un nouvel extrait de la Doctrine et cette fois en n'altérant absolument pas les paroles que l'on trouve dans le texte et qui sont autorisées par le siège, afin de les envoyer à nouveau.

Ce que je voudrais vous dire en vous racontant cela, c'est que maintenant, je peux très bien comprendre la différence qu'il y a entre le cœur d'Oyasama envers nous qui sommes ses enfants et le cœur des enfants envers Dieu, avec toutes nos peurs, nos doutes et notre manque de confiance.Je pense que ceci représente l'écueil le plus grand que nous devons corriger afin que la voie perdure dans le temps et dans le monde.

Il y a un verset du Mikagura Uta qui dit :

« Ceci sera l'éternel thème de vos conversations »

Effectivement, il me semble que ceux qui suivirent les premiers ce chemin tout comme nous aujourd'hui avaient beaucoup de peurs humaines, et c'est pour cela qu'à cette époque, aussi bien qu'aujourd'hui il nous est si difficile d'avoir une confiance totale en Oyasama, et c'est cela qui ne nous permet pas de prendre la décision ferme de la suivre quoiqu'il advienne.

Pour en revenir à ceux qui suivent la voie en Espagne, certains me dirent qu'ici ce n'est pas la même chose qu'au Japon, qu'ici nous vivons en démocratie, et que, si je ne l'accepte pas ainsi, on ne pourra pas poursuivre.Quant à moi, je ne suis pas d'accord avec ce mode de penser si superficiel.Je pense fermement que les enseignements d'Oyasama sont intemporels où que ce soit sur la terre et que tous les enfants sont sous le pouvoir de Dieu.Je pense que tout est dû à notre manque de maturité et à la poussière qui s'est accumulée et ne nous laisse pas voir clairement la volonté divine. C'est pourquoi je supplie Oyasama de me permettre de suivre sur ce chemin en faisant mon travail jusqu'à ce que la vérité s'accumule et qu'eux puissent également s'en convaincre d'eux-même et la transmettre à tous.

 Si l'on juxtapose ce problème à l'état actuel de la société,il est navrant de voir à quel point l'on perd des valeurs aussi fondamentales tel que l'amour filial, le respect des parents, des personnes âgées, aux enseignants dans les classes, aux autorités etc..

Nous entendons constamment des nouvelles sur les violences domestiques, dans les écoles, à l'encontre des immigrés etc.. Il y a même des parents qui viennent à la mission pour demander conseil sur le comportement de leurs enfants.  »'

Mais que leur dire? Oyasama nous explique absolument tout.C'est pourquoi ceci est le dernier enseignement. La difficulté que je rencontre est que les parents eux-mêmes ne veulent pas entendre la vérité. Ils se plaignent de leurs enfants mais, eux- même n'acceptent pas d'être dirigé. Bien sûr lorsque j'utilise le mot « dirigé » il est évident que je ne parle pas de moi, mais qu'ils n'acceptent pas d'être dirigé par Oyasama. Parfois la résistance de ces personnes à « écouter » et si forte que cela me permet de comprendre non seulement la rébellion de leurs enfants mais aussi de voir clairement l'état actuel du monde.

C'est pourquoi la seule chose que je puisse leur transmettre et leur conseiller est de venir célébrer le Tsutome.

Mais même comme cela, ils trouvent toujours des excuses pour ne pas venir. La nature humaine est très difficile. À l'époque ou Oyasama était présente physiquement, les fidèles ne célébraient pas le Tsutome par crainte des autorités, mais aujourd'hui, sans avoir aucune barrière qui nous empêchent de le célébrer, nous voulons toujours faire les choses à notre convenance.

Un passage du discours du mois de janvier de M le Shimbashira nous dit :

« De nos jours, il n'existe aucune contrainte sociale ni aucune restriction légale à la pratique de sa foi ou à la célébration du service.

Cependant, le plus important est de déterminer son cœur à suivre la volonté de Dieu Père Mère en n'importe quelle circonstance.Ce principe est invariable et ne changera jamais. Si nous pensons à cette époque ou ils étaient toujours sous la crainte des persécutions gouvernementales,nous voyons qu'aujourd'hui nous jouissons de chaque jour de façon très gratifiante, mais je crois qu'à suivre la voie divine, vous souffrirez à cause de luttes intérieurs…

Parfois vous hésiterez face aux coutumes courantes du monde et aux convenances sociales, ou bien vous déprimerez face à l'incompréhension et à l'attitude froide des gens. Mais, le problème vient plus de votre cœur que de facteurs externes. Pour mener une vie conforme à la volonté de Dieu Père Mère, il est indispensable de méditer chaque jour sur : quelle intention nourrie Dieu ?.Nous devons réfléchir et juger à la lumière des enseignements divins et nous mettre en action.

Ces paroles me motivent beaucoup.Ceci est souvent un sujet de conversation avec les croyants.

Il n'y a pas longtemps, une dame qui travaille très dur physiquement, me dit un jour en arrivant à la mission ? Ah, que je suis fatiguée. Je lui dis : » salue Oyagami-sama puis assieds-toi et pense »ce à quoi elle me répondit:Ah non, moi je ne pense pas, je ne suis pas de ces personnes qui se « bouffent » la tête en pensant ! » (Je ne sais pas quelle expression vous avez pour dire que quelqu'un aime penser)

Pour moi qui aime penser et réfléchir sur tout, ceci est préoccupant, parce que ce n'est pas la première personne avec qui cela m'arrive.

 Je me rends très souvent compte que les gens ne veulent pas penser, ils ne veulent pas « perdre de temps » à penser. Ce qu'en j'en conclue est, que l'on ne nous enseigne pas à penser, de plus si nous pensons sérieusement aux choses qui nous arrivent, cela nous fait réfléchir et voir clairement qu'il n'y a pas d'excuse et que nous ne pouvons pas rejeter la faute de nos négligences et de nos responsabilités sur quelqu'un d'autre.

Alors que faire, qui a ce noble devoir d 'aider les enfants d'aujourd'hui à grandir ?et de plus, ce n'est pas simplement un problème de manque d'attention envers les enfants, parce que l'on prête encore moins d'attention aux personnes âgées. Chaque semaine je me rends dans une maison de retraite et c'est touchant de voir avec quel sourire ils m'accueillent, et à chaque fois que l'on me voit, on demande à la personne que je visite si je suis de sa famille. Nombre d'entre eux passent des semaines sans voir leur famille et, certains, bien qu'ils aient des enfants, ne reçoivent pas de visite durant des mois.

On dit que les personnes atteignent de la maladie Alzheimer ne reconnaissent même pas les plus proches personnes de leur famille et qu'ils deviennent totalement muets, retranchés en eux-mêmes. Cependant, une fois que je marchais en divulguant dans les rues, je me suis approchée d'un monsieur qui soignait sa sœur, une femme âgée qui souffrait de cette maladie.Après m'être présenté et lui avoir un peu parlé de ce chemin de foi, je lui ai demandé s'il me permettait de lui administrer le Sazuke, ce qu'il accepta très aimablement.

Curieusement, après avoir administré le Sazuke à cette dame, en caressant mes mains, elle me dit « Quelles mains si chaudes ! je ne te laisserai pas partir, et si tu pars, j'irai te chercher ». Cela me fit pleurer d'émotion, car je crois vraiment qu'elle parlait à Oyasama.

De nos jours, lorsque nous devons aller voir le médecin de la sécurité sociale,ce professionnel n'a que cinq minutes et parfois moins à accorder à chaque patient.Comment le médecin pourrait-il dans de telles conditions ne serrait-ce que s'informer de ce dont on souffre? Le pire est que les gens voient déjà cela comme étant normal. C'est comme si tous, s'accommodaient à ce système corrompu qui leur est imposé, sans aucune motivation pour essayer de le changer ou de l'améliorer de quelque façon que ce soit , malgré le fait que ce soit nous même qui en subissions les préjudices.

Il est normal que les gens qui ne connaissent pas notre enseignement ne puissent voir plus loin, mais nous avons les moyens d'aider Oyasama à la réforme spirituelle des personnes. Je crois que c'est dans ce but qu'elle nous a instruit sur la manière de célébrer le Tsutome et nous a accordé le don du Sazuke.En y réfléchissant bien, nous n'avons pour ainsi dire pas d'effort à faire.

À un autre passage des paroles divines prononcées par le Shimbashira à la même date, il nous parle clairement et directement du travail que nous devons réaliser :

« … Plus encore, il est indispensable que nous réfléchissions et que nous jugions toutes choses par nous-même, en nous basant sur ce qu'Oyasama nous enseigna et sur sa vie de modèle, et, que nous commencions à agir avec détermination.Il n'y a pas grand mérite à n'agir que lorsque l'on est sollicité.Si nous faisons quelque chose seulement quand on nous le demande, cela revient à dire que nous ne ferons rien avant que quelqu'un ne nous dise quelque chose, mais aussi que si personne ne nous le demande, nous ne ferons rien.Il y aura la possibilité que nous hésitions face à un petit problème mais aussi de nous voir renoncer.

Dans le passé, Oyasama expliquait constamment aux fidèles, à l'aide de ses écrits et de ses paroles, l'importance de la Vérité du Service Sacré et de l'urgence de le réaliser. Mais, à l'approche du moment déterminé, elle n'insista plus pour qu'ils le réalisent, mais en les incitant à réfléchir sur ce qu'elle leur avait expliqué depuis 49 ans, et en leur remémorant le chemin de sa vie de Modèle, elle les pria de comprendre la volonté divine et, qu'en déterminant leurs cœurs, qu'ils la mettent en pratique de façon positive.

Je suis parfaitement convaincu qu'Oyasama en anticipant sur la vérité qu'elle serait éternellement en vie,donna de telles instructions avec l'amour d'une mère, en considérant le future chemin.Ces instructions sont pour nous aussi d'actualité….Grâce à l'accumulation de nos efforts quotidiens, un signe conducteur fiable nous apparaîtra en direction de la prochaine étape.

J'aimerais, que sans perdre courage, nous tous qui suivons ce chemin en Europe unissions nos cœurs afin de réaliser le vœu d'Oyasama et de notre Shimbashira, vœu qui est de répandre l'enseignement sur toute la surface de la terre.

Je vous remercie beaucoup de m'avoir écouté jusqu'au bout.

Merci beaucoup.